Par Nerimen
« Et si mon coeur attendait Allah de la même manière ? »
Nerimen
Ce n’était pas une grande nuit.
Pas Laylat al-Qadr.
La table est dressée simplement : Les dattes, la soupe encore fumante, le pain coupé, les bricks sont posées. Rien d’extraordinaire.
J’étais déjà fatiguée. Fatiguée du jeûne, oui.
Mais surtout fatiguée de moi.
Ramadan est lancé, et je suis déjà fatiguée, pourquoi ? Je m’étais promis un mois différent. Plus concentrée, plus recueillie, moins dispersée, je me vois reproduire la même chose que les années précédentes et je suis déjà déçue.
L’adhan du maghrib a retenti depuis mon téléphone. J’ai pris une datte, puis un verre d’eau.
Je ne sais pas pourquoi, mais ce soir-là, le premier contact de l’eau avec ma gorge a été différent. J’ai ressenti chaque gorgée. La fraîcheur. Le soulagement. Le silence qui l’accompagnait.
Et soudain, une pensée m’a traversée : toute la journée, j’ai attendu ce verre d’eau.
Je l’ai désiré, imaginé, espéré.
Et maintenant qu’il était là, entre mes mains, il avait une valeur immense.
Je me suis demandé :
Et si mon cœur attendait Allah de la même manière ?
Est-ce que je L’attends avec ce manque ?
Avec cette conscience ?
Avec cette soif ?
Ou est-ce que je Le consomme comme une habitude ?
Je me suis rendu compte que je cherchais des “grands moments”.
Des nuits exceptionnelles. Des émotions intenses. Des élans spirituels spectaculaires.
J’ai simplement compris que je compliquais ce qu’Allah swt avait rendu simple.
Le jeûne m’enlevait le superflu, révélait ce qui demeurait. Et ce qui demeure c’est une dépendance à l’eau, à la nourriture, au confort.
Mais derrière ces dépendances visibles, il y avait une autre réalité :
j’étais dépendante de la miséricorde d’Allah.
Plus que je ne voulais l’admettre.
Je me suis demandée ce que serait ma vie si j’attendais le pardon avec la même intensité que j’attendais l’adhan.
Si je désirais la prière comme je désirais l’iftar.
Si je ressentais le manque d’Allah comme je ressentais la faim.
Ce soir-là, j’ai compris que la transformation ne crie pas toujours. Elle murmure.
Elle se glisse dans une gorgée d’eau.
Dans une intention reformulée.
Dans un regard baissé.
Dans un cœur qui reconnaît enfin qu’il a besoin de son Seigneur.
Je ne sais pas si ce sera mon plus grand moment de Ramadan.
Mais c’est celui qui m’a arrêtée.
Celui qui m’a interrogée.
Celui qui m’a traversée.
Qu’est-ce que j’attends vraiment ?
La fin du jeûne… ou la rencontre avec Celui qui m’a permis de jeûner ?
Et dans ce simple geste, je sens que Ramadan travaille en moi, doucement.
Ramadan est un dévoilement.
Il enlève le bruit.
Il enlève les excès.
Il révèle ce qui demeure quand on est fatiguée, quand on doute, quand on se sent insuffisante.
Qu Allah accepte notre jeun, nos doas ,nos imperfections dans notre chemin d’apprenantes .
Amin .
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